mardi 6 décembre 2011

L'évangile selon Pilate


D'Éric-Emmanuel Schmitt :

Quatrième de couverture :

Première partie : Dans le Jardin des oliviers, un homme attend que les soldats viennent l'arrêter pour le conduire au supplice. quelle puissance surnaturelle à fait de lui, fils de menuisier, un agitateur, un faiseur de miracles prêchant l'amour et le pardon ?
Deuxième partie ! Trois jours plus tard, au matin de la Pâque , Pilate dirige la plus extravagante des enquêtes policières. un cadavre à disparu et est réapparu vivant ! 
y a-t-il un mystère Jésus ou simplement une affaire Jésus ? à mesure que Sherlock Pilate avance dans son enquête, le doute s’insinue dans son esprit. et avec le doute, l'idée de foi.

Mon avis :


Il y avait longtemps que je ne m’étais pas plongé dans les saintes écritures.
C’est un peu déroutée au début que j’entreprenais de commencer ma lecture. Le roman m’avait été offert il y a maintenant plus de cinq ans, mais je n’avais pas, à l’époque et jusqu’à ce jour, eu l’envie d’un livre sur la vie du Christ .
Là, il n’est pas question de savoir si nous acceptons ou non, l’idée d’un Dieu, d’un fils de Dieu, ni de miracles.
Non, Schmitt, pour "rendre possible le travail romanesque", s’impose même l’idée de parler de Yéchoua, le nom araméens de Jésus.
Dans la première partie de l’histoire,l'auteur est Yéchouan. Dans son génie, il choisit de le rendre humain. On nous apprend, au catéchisme, que rien ne le touchait plus que la parole de Dieu ; que sa confiance, le portait au-delà des limites qu’un homme aurait pu avoir ; son amour était si grand, qu'il en avait sacrifié sa vie pour nous sauvez. 
Schitt, décide de le faire douter. De le laisser expliquer ses prodiges par des faits concrets, se sentant déborder, impuissant, agacé.

"père, pourquoi m’as-tu abandonné ?"

L’une des suppositions que soulève Éric-Emmanuel Schmitt est également  la trahison d’un de ses disciples.
Pourquoi devrions-nous juger Judas de trahison, alors qu’il se tue le lendemain de sa dénonciation ? La logique aurait dû être, que l’homme ne voulant pas croiser le regard de Jésus APRÈS sa résurrection, se suiciderait. Mais là, Judas se pend AVANT même que Jésus ne meurt sur la croix.
Pourquoi ?
Éric-Emmanuel Schmitt essaye  dit répondre et j’aime son idée.

Citation de la première partie :

«  Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui jette la première pierre. »
Alors que la femme, traitée de prostitué est menacée d’être lapidée, Jésus s’interpose et la sauve par cette phrase.

La deuxième partie : Sherlock Pilate fait son entrée.

Je n’avais jamais envisagé de penser à Pilate au moment de la résurrection de Jésus.
Qu’en a-t-il pensé ?
Qu’elles ont été ses explications face à cette disparition ? Face à ces rumeurs ?
Nous découvrons un homme droit. Un gouverneur qui, et c’est la version de l’auteur, ne souhaitait pas exécuter Jésus.
A travers la dévotion qu’il porte à sa femme, il prend même, indirectement, partie de cet homme, ce « fils de Dieu ».

Dès le départ, Pilate pense que le corps a été volé par un des disciples de Yéchoua. Pour soulever les foules, donner raison au Christ, en le rendant immortel.
Son enquête le mène même à analyser la mort lente d’un condamné sur une croix. La barbarie de cette torture est révélé ;  l’agonie ; la position du corps ; le clou, planté dans la chaire des pieds. Tout est expliqué et fait douter Pilate sur la mort même de Jésus.
Mais voilà, chaque hypothèse avancée est contrecarrée par des faits, des actes, des témoignages…
J’ai beaucoup aimé suivre ce Sherlock holmes  des temps ancien. Assoiffée de comprendre, de façon concrète et sensé, ce qu’il a bien pu se passer.

Passage préféré :

Il se déroule dans le tombeau, où le corps de Jésus a été enseveli.
Alors qu’il pense que l’homme n’était pas mort, Yoseph (l’un des disciples), lui prouve le contraire en s’enfermant, avec lui, dedans. Seules quelques minutes lui suffisent à comprendre qu’il ne peut plus respirer. Les effluves des plantes placées dans le caveau, et le manque d’oxygène, font leurs œuvres…
Il comprend alors qu’il est impossible pour le Christ, d’être resté vivant autant de temps enfermé dedans. L’homme, même s’il avait été en vie au moment de son entré dans le tombeau, ne pouvait en ressortir que mort, des heures après. Sa théorie est encore un échec…

Une petite citation :

"Alors peut-être est-ce toi le premier chrétien ?"

ma citation préférée, celle qui m'a fait doucement sourire... 


Pour finir :

Je ne peux m’arrêter là, sans parler des dernières pages de ce livre. "Journal d'un roman volé"
Les mots de l’auteur…
On y apprend des choses surprenantes, des explications à ses préférences, des anecdotes amusantes, étonnantes, et enrichissantes.
Et puis ces deux dernières pages… étonnantes…

4 commentaires:

  1. Ravie que tu ais aimé ce roman! Il m'a beaucoup marquée également lors de ma lecture.
    Cette version de Jésus, en homme qui doute, est bien plus imaginable qu'en "super-héros" sans peur que l'Eglise nous présente. On se sent plus proche de lui. EES a vraiment marqué un grand coup avec ce roman.

    RépondreSupprimer
  2. oui c'est ce que j'aime dans ce livre, c'est le côté beaucoup plus crédible de l'humain qu'il était et que nous oublions quand nous écoutons l'Eglise :)

    RépondreSupprimer
  3. Je n'ai pas lu ce livre de E-E Schmitt, ton billet me donne envie de le découvrir...

    RépondreSupprimer