dimanche 15 avril 2012

Le Bon Gros Géant


De Roald Dahl

Quatrième de couverture :

Sophie ne rêve pas, cette nuit-là, quand elle aperçoit de la fenêtre de l'orphelinat une silhouette immense vêtue d'une longue cape et munie d'une curieuse trompette. Une main énorme s'approche et saisit la petite fille terrifiée pour l'emmener au pays des géants. Mais heureusement, Sophie est tombée entre les mains d'un géant peu ordinaire : le Bon Gros Géant, qui se nourrit de légumes et souffle des rêves dans les chambres des enfants...

Mon avis :

Imaginez, alors que vous ne trouvez pas le sommeil, vous retrouvez face à un géant aux coutumes bien étranges, et enlevés par ce même géant dans sa grosse main poilue.
N’auriez-vous pas un peu peur, ne seriez-vous pas terrorisée de savoir que vous servirez sans doute de repas dans les prochaines heures ?

C’est ce que ressent Sophie, alors qu’elle est transportée sans ménage vers une destination inconnu. Les géants existent et ceux sont des dévoreurs d’homme de terre. Apeurée, par son prochain sors, Sophie se retrouve dans la grotte de l’homme démesurément grand et alors qu’elle sent sa fin proche, la voilà qui se retrouve à discuter aimablement avec celui-ci.

N’êtes-vous pas intrigués à votre tour ?

Roald Dahl m’a appâté. C’est l’un de mes auteurs (pour enfant) préféré. L’un de ses livres est d’ailleurs ma bible personnelle : Charlie et la Chocolaterie, et c’est avec plaisir que je retrouve ce style qui ne trompe pas, celui d’un homme qui écrit avec un plaisir évidant, celui d’une personne qui croit encore au rêve.
On pourrait facilement croire en cette histoire. Des géants mangeurs d’homme qui se disputent tous le temps, injurieux, et qui « crépitent » à tout bout de champs. Et au milieu de ces monstrueux pestillantieux (j’essaye de me mettre à la page du langage « géant »), nous avons le BGG, le Bon Gros Géant.
Comparé à eux, il est bien plus chétif, et sa petite taille lui joue des tours. Il est raillé, asticoté à la manière des géants, et reclus dans sa caverne.
Mais l’une des choses qui différencie vraiment le BGG des autres, c’est son incapacité à avaler, croquet ou saigner des hommes de terre.

J’ai beaucoup rit en lisant certaines de ses phrases. Le BGG n’est pas allé à l’école et le répète assez souvent comme excuse. Je me suis même dit que Roald Dahl, pour faire naitre un engouement scolaire à ses bambins, a essayé, de manière ingénue, d’apporter une note d’éducation dans ce texte. Si tu étudies, tu t’exprimeras correctement, à fortiori, si tu n’étudies pas, du parlera comme le Bon Gros Géant
Le BGG, donc, utilise un langage qui n’appartient qu’à lui, et invente des mots, ou en remplace d’autres à certains moment… (D’où le pestillantieux inventé dans cette chronique).

J’ai vraiment apprécié cette lecture, qui m’a faite retomber en enfance. Ça fait du bien ; c’est agréable. J’aurais aimé, de nouveau, avoir 9 ans, pour me plonger dans cette lecture avec des yeux d’enfants…

Un passage que j’apprécie :

« N’oublie pas, l’interrompit le BGG qu’il y a des hommes de terre qui disparaissent  tout le temps et partout, même sans que les géants les avalent. Les hommes de terre s’entre-tuent beaucoup plus vite que les géants ne les dévorent.
-Mais les gens ne se mangent pas les uns les autres, fit observer Sophie.
-Les géants non plus ne se mangent pas entre eux, répliqua le BGG, et en plus, les géants ne se tuent pas les uns les autres. Les géants ne sont pas très agréables à fréquenter, mais ils ne s’entre-tuent pas. De même, les croque-l’Odile ne tuent pas d’autres croque-l’Odile. Et les chats ne tuent pas d’autres chats.
-Ils tuent des souris, fit remarquer Sophie.
- Oui, mais ils ne tuent pas leurs congénères, l’homme de terre est le seul être qui tue son semblable. »
Le bon gros géant, de Roald Dahl, page 89/90

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