dimanche 15 avril 2012

Les vestiges du jour

De Kazuo Ishiguro : 

Quatrième de couverture :

" Les grands majordomes sont grands parce qu'ils ont la capacité d'habiter leur rôle professionnel, et de l'habiter autant que faire se peut ; ils ne se laissent pas ébranler par les événements extérieurs, fussent-ils surprenants, alarmants ou offensants.
Ils portent leur professionnalisme comme un homme bien élevé porte son costume. C'est, je l'ai dit, une question de "dignité". 
" Stevens a passé sa vie à servir les autres, majordome pendant les années 1930 de l'influent Lord Darlington puis d'un riche Américain. Les temps ont changé et il n'est plus certain de satisfaire son employeur. Jusqu'à ce qu'il parte en voyage vers Miss Kenton, l'ancienne gouvernante qu'il aurait pu aimer, et songe face à la campagne anglaise au sens de sa loyauté et de ses choix passés...

Mon avis :

Bizarrement cette fois-ci, j'ai pu voir le film avant de lire le livre. Et autre étrangeté, pour moi, le film est nettement plus enrichissant et captivant que le roman...

On ne va pas rentrer dans les détails, mais... je me suis profondément ennuyée pendant ma lecture et c'est bien dommage.
Le style d'Ishiguro est pourtant sublime. Les descriptions des sentiments et le travail fourni pour rechercher les différents fonctions et attitudes d'un grand majordome, sont très enrichissantes, mais peut-être un peu trop...
Tout y est  redondant, même le narrateur, Stevens, s'y perd... Passant d'une anecdote à une autre, s’enfonçant dans des explications à la rallonge. Je vous le dis, pour moi (et j’insiste sur ce fait) cette lecture fut laborieuse.

Ce qui l'a pourtant sauvé d'un probable abandon, c'est son adaptation cinématographique. Un petit bijou réalisé par James Ivory. Anthony Hopkins et Emma Thompson y jouent les rôles respectifs, de Mr. Stevens et Miss Kenton, et toute la magie de ce film repose sur ces deux acteurs talentueux.
J'avais aimé leur droiture, et la façon dont ils se comportaient devant l'écran et j'ai réussi à retrouver cette aisance dans le roman.

J'ai tout de même été dérangée de constater que la priorité de Stevens était avant tout l'apparence et la méticulosité de son métier. Le passage où son père meurt en est un juste exemple, et cela m'a profondément choquée.
Stevens est dépourvu d'émotion, de sentiment. J'avais l'impression d'avoir à faire à une personne faite de glace, figé dans le temps. Aucun rictus, lisse comme une personne qui aurait utilisé un peu trop de botox...

Certes, je n'ai pas forcement apprécié ce roman, mais l'univers d'un majordome, à cette époque et dans ce milieu d'aisance aristocratique, m'a profondément intéressé.
J'ai également échappé à l'ennuie, grâce aux répliques et conflits des deux domestiques. Tout en finesse, les piques fusent, les réparties sont tenaces sans jamais outrepasser leur fonction ni leur indétrônable discrétion...

C’est donc un bilan mitigé, qui ne m’a pas donné satisfaction.  Je réitèrerai peut-être un autre roman de l’auteur, histoire de ne pas rester sur cette fin.
Mais pour ceux qui souhaite le lire, vous n’êtes pas forcé d’avoir les mêmes goûts que moi et vous apprécierez sans doute la richesse de ce texte… 

Ce livre faisait partie du challenge : "un mot, des titres", organisé par Calypso. Cette fois-ci, le mot était : Jour

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 Bande Annonce du film : Les vestiges du jour



16 commentaires:

  1. Ta critique est comme toujours très détaillée Julie! Pour l'instant je vais suivre ton avis même si je ne connais pas du tout cet auteur!

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    1. merci :) mais après, tu sais, beaucoup l'ont apprécié. donc peut-être qu'il te faudra essayer un jour ;)

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    2. C'est en visionnant e film, que j'ai pu apprivoiser le livre. Un livre qui a son rythme, son ambiance, certes, pas toujours très avenant, mais qui au final m'a laissée un bon souvenir.

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    3. comme quoi, les goûts et les couleurs... ;) je pense effectivement que peut-être j'en ai trop attendu, vu la qualité du film, je ne pensais absolument pas m'ennuyer...

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  2. Je ne connais pas non plus cet auteur et a priori, ne suis pas attirée par ce récit ; peut-être un jour...

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    1. peut-être un jour... tu es totalement dans le thème de Calypso là ! ^^

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  3. j'ai lu Quand nous étions orphelins de cet auteur, et j'ai eu la même impression que toi : l'écriture est sublime, mais qu'est-ce qu'on s'ennuie ! ton avis pour ce livre me conforte dans l'idée que ce n'est pas un auteur pour moi

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    1. oh c'est vrai ? Je pensais en lire un autre, histoire de changer mon avis, mais... si tu dis t'être ennuyé avec ce roman... je pense attendre encore un moment avant d'en lire d'avantage.

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  4. Effectivement, d'autres lecteurs l'ont beaucoup apprécié... Pour l'instant, ce roman ne me tente pas vraiment.

    Merci !

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    1. Merci à toi calypso, car même si mon avis est mitigé, j'ai été contente de pouvoir le lire. Donc merci pour le challenge :D

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  5. Bonjour,

    j'ai lu le même livre que toi pour le challenge de Calypso. Et, nos avis se rejoignent. JE n'ai pas vu le film. Je vais le trouver pour voir la différence.

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  6. J'ai envie de le lire depuis longtemps mais je redoute d'avoir la même impression que toi d'après ce que j'ai déjà lu d'Ishiguro.

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    1. oh, c'est vrai que là je ne peux pas vraiment t'aider... :S
      si tu en as lu déjà et que tu as eu la même sensation, peut-être est-ce le style Ishiguro qui ne nous stimule pas ^^'

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  7. Je n'ai pas lu le livre et ne sait pas si je le ferais mais le film m'avait énormément plu! Hopkins et Thompson sont fascinants et bien entendu...James Ivory signe aussi une belle réalisation!

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