dimanche 1 juillet 2012

Le sumo qui ne pouvait pas grossir

D'Eric-Emmanuel Schmitt :


Quatrième de couverture :


Sauvage, révolté, Jun promène ses quinze ans dans les rues de Tokyo, loin d'une famille dont il refuse de parler.
Sa rencontre avec un maître du sumo, qui décèle un "gros" en lui malgré son physique efflanqué, l'entraîne dans la pratique du plus mystérieux des arts martiaux. Avec lui, Jun découvre le monde insoupçonné de la force, de l'intelligence et de l'acceptation de soi.
Mais comment atteindre le zen lorsque l'on n'est que douleur et violence ? Comment devenir sumo quand on ne peut pas grossir ?
Derrière les nuages il y a toujours un ciel... 

Mon avis :

Et un de plus !
Une nouvelle lecture audio (conté par l’auteur lui-même), et un Schmitt englouti dans mon cerveau, de l’excellente saga Le cycle de l’invisible.
J’ai lu Oscar et la dame rose, qui m’avait totalement bouleversé ; L’enfant de Noé, qui lui m’avait chamboulé et émue et enfin, le sumo qui ne pouvait pas grossir, qui…

M’a fait rire aux éclats !
Cela faisait longtemps que je n’avais pas autant rit. Acommpagné d’une lecture musclé du narrateur (qui connait son sujet) ; passant d’une voix rebelle d’un ado de 15 ans, ) à celle plus pausé d’un maître de simo, le texte est frais, bourré de réponses hilarantes (surtout venant du Jun, le garçon maigrelé). J’ai en tête un « TA GUEULE » percutant, qui sort de sa bouche et nous surprend… Tout comme cette phrase « Des tas de lards de 200 kilos, en chignon ! Quasis nus ! Un string de soie dans le cul, qui s'agitent sur une piste en cercle, merci hein ! » 

Vous m’auriez vu dans ma voiture, pleurant tellement je riais. Les passants ont dû me prendre pour une folle !

« Je vois un gros en toi. »

Voilà ce qui va changer la vie difficile de Jun. Fugueur à la silhouette d’un fil de fer, hébergé par la rue et vendeur d’objet pour adulte peu catholique, il survit plus qu’autre chose.

« Je vois un gros en toi. »

Un maître de Sumo passe devant lui tous les jours, et tous les jours, il ne peut s’empêcher de lui dire cette phrase.
Jun ce garçon trop maigre, trop grand, trop tout ? Un sumo ? 

Pensant qu’il se moque de lui, le garçon est mordant, il l’injure, l’ignore. Incapable de faire confiance, de croire en lui... Mais le maître insiste sans autres explications.

« Je vois un gros en toi. »

Jusqu’à ce qu’un jour, Jun se voit offrir un billet pour assister à un combat de sumo…

J’ai passé un très bon moment. Outre le fait d’avoir beaucoup  rit (ce qui fait toujours du bien), il y a aussi des moments touchants qui m’ont ému. J’ai une pensée pour la mère de June… Illettrée elle n'en écrit pas moins des lettres bouleversantes.

La vie de Jun n’a jamais été simple. Et nous la découvrons au fils de notre lecture. C'est un enfant blessé, meurtrie et détruit. A travers notre lecture, nous assistons à la reconstruction de son identité, aux changements de ses convictions, à l'acceptation de soi. 

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