lundi 10 septembre 2012

Le parfum


De Patrick Süskind :

Quatrième de couverture :

Au XVIIIe siècle vécut en France un homme qui compta parmi les personnages les plus géniaux et les plus horribles de son époque.
Il s'appelait Jean-Baptiste Grenouille. Sa naissance, son enfance furent épouvantables et tout autre que lui n'aurait pas survécu. Mais Grenouille n'avait besoin que d'un minimum de nourriture et de vêtements et son âme n'avait besoin de rien. Or, ce monstre de Grenouille, car il s'agissait bien d'un genre de monstre, avait un don, ou plutôt un nez unique au monde, et il entendait bien devenir, même par les moyens les plus atroces, le Dieu tout puissant de l'univers, car " qui maîtrisait les odeurs, maîtrisait le cœur des hommes ".
C'est son histoire, abominable... et drolatique qui nous est racontée dans Le Parfum, un roman qui, dès sa parution, eut un succès extraordinaire et est devenu très vite un best-seller mondial.

Mon avis :

Le Parfum… depuis maintenant quelques années, il reposait bien sagement dans ma PAL, attendant son heure, et prenant la poussière.
Pourtant, de nombreux éloges auraient dues me pousser à le débuter. J’avais également vu l’adaptation cinématographie, un bon film même si, pour moi, la fin tirait un peu vers un libertinage mal placé qui n’avait rien avoir avec l’histoire… Peu engageant selon moi, et qui était l’une des causes de mon rejet littéraire. Toutefois, les lecteurs que je rencontrais m’encourageaient, et me rassuraient sur le point final du roman.
« Tu verras la fin n’est pas du tout la même. »
On-t-il réellement LU le livre ? Parce que certes, cela ne dure pas aussi longtemps que dans le film, mais les scènes sont belles et bien là. Assez choquantes (je ne suis pourtant pas très prude) ; et macabres (concernant la dernière).

Mais effaçons cette fin étrange pour nous concentrer sur le contenu du livre.

Nous suivons le parcours de Jean-Baptiste Grenouille, un nourrisson trouvé dans les déchets de poisson, qui a la particularité de n’avoir aucune odeur corporelle.
Rejeté par sa mère, puis les différentes personnes qui ont sa garde, il va devoir grandir en travaillant durement pour un exploitant des bas font de Paris.
L’histoire pourrait s’arrêter là, nous pourrions plaindre ce petit gamin à l’allure de monstre, chétif et simplet ; mais voilà… Alors que son entourage a peu de considération pour l’enfant, Grenouille a un don. Dans cette époque où la puanteur, se mélange à la noirceur, la crasse et le manque d’hygiène, il arrive à sentir la moindre particule odorante. Bonne ou mauvaise, dans les premiers mois et années de sa vie, il ne fera pas la distinction, jusqu’au jour où il sent une odeur exquise, celle d’une jeune femme. Dans son empressement à la sentir, il la tue.
Voilà où tout commence…

J’ai été envouté par ce récit. Les détails des parfums qui croisent la route de Jean-Baptiste ; la facilité à nous les faire partager ; j’ai eu l’envie soudaine de pouvoir moi aussi devenir parfumeur, petit chimiste et créateur d’effluves capiteuses, envoutantes.
Je parlais également des arômes de Paris. Tant de détails dans l’univers de ce siècle. Tant de noirceur, et de pauvreté dans ces ruelles sombres et puantes. J’ai été totalement embarqué dans cette France sale et répugnante. La fausseté des hommes et femmes qui y vivent m’a parfois surprises, quoique, tout ne devait pas être rose à cette époque, et la loi du plus fort était à l’honneur.
Mais parce que je ne suis pas une adepte de ce siècle, ainsi que de ce genre de lecture, j’avais toujours vu, des scènes cinématographiques enrobés d’un peu de douceur, j’ai pu reconnaitre dans les descriptions crus de Patrick Süskind, une part plus grande de vérité.

L’originalité et la finesse de l’auteur, m’ont poussé plusieurs fois à apprécié Grenouille. Alors qu’il est dépeint comme un meurtrier dans la seconde partie du roman, nous apprenons à le connaitre dans un premier temps. Et nous nous y attachons.
Car malgré le fait de connaitre son destin de tueur en série, Jean-Baptiste, est un garçon simple, qui n’a qu’un seul but, pouvoir décortiqué le monde à travers son nez.
Il n’a pas conscience de la gravité de ses actes, il ne pense qu’à ce parfum unique qu’il souhaite faire partager.
Alors que le livre traite sur plusieurs années, je le percevais toujours comme ce gamin chétif, qui réussit avec aisance, à transformer des effluves en parfums captivants. Un peu comme un chef d’orchestre, je le regardais faire, avec cette aisance et cette intelligence, trait au génie.
Je ne prenais conscience de sa cruauté, qu’à travers la voix de personne extérieur à son cercle. Comme celle de ce père de famille, angoissé de voir sa fille victime de sa folie.
J’étais partagée alors, entre l’horreur et la tendresse. Et j’ai réellement apprécié !

Ce fut une lecture captivante, je regrette de ne pas m’y être plongée avant.

8 commentaires:

  1. Ce livre traîne aussi dans ma PAL depuis un moment. Tu me donnes vraiment envie de l'en sortir !

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    1. n'hésite plus, il se lit très vite et est passionnant :D

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  2. Ah oui ça, c'est bien une lecture surprenante, un livre vraiment à part mais qui mérite d'être lu, bises !!!

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  3. Je l'ai lu deux fois et j'en garde vraiment un excellent souvenir... LE film est assez fidèle au livre même s'il y a des scènes qu'on pense ne pouvoir voir de ses yeux...

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    1. c'est tout à fait vrai, certaines scènes ne peuvent être "vu".
      J'ai vraiment adoré ce livre :D

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  4. Je l'ai adoré ! Et la fin, mon dieu !! Je pensais pas que ça finirait sur cette note. Je pense comprendre que cela ne t'a pas plu xD Moi qui aime tant le macabre, j'ai été envoûtée. LOL

    Je n'ai aucune envie de voir l'adaptation cinématographique, j'ai peur d'être déçue. Mieux vaut garder l'image que j'ai du livre. ^^

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    1. même si l'adaptation n'est pas mal, tu as raison de rester sur l'image du livre :)
      j'ai adoré ce livre, excepté la fin enfin, pas la fin, mais la scène juste avant :S un peu trop... orgie à mon goût.

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