dimanche 17 février 2013

Baby-sitter blues


De Marie-Aude Murail :

Quatrième de couverture :

Émilien déteste les mioches qui pleurnichent.
Il s'est juré de ne jamais devenir père. Un père, d'ailleurs, il ne sait pas ce que c'est. A quatorze ans, il vit seul avec sa mère depuis toujours. Alors, pourquoi jouer les baby-sitters ? Par appât du gain, bien sûr. A 15 euros de l'heure, il pourra bientôt se payer le PC de ses rêves... Mais voilà, à force de mentir en se faisant passer pour un as du baby-sitting et de potasser "Comprendre et aimer son enfant", Émilien se prend au jeu.
Et il s'intéresse si bien au petit Anthony, six mois, le bébé qui ne sourit jamais, qu'il finit par s'y attacher. Hélas, c'est au moment où il prend vraiment goût à la garde d'enfants que sa mère l'empêche de continuer. Etudes obligent. Émilien trouve un compromis : donner des cours de français à une dyslexique. Lui qui cherchait à parfaire sa connaissance du coeur humain, il va être servi...


Mon avis : 

Cela faisait un petit moment que je n’avais pas lu un livre de cet auteur coup de cœur. Je parle d’auteur coup de cœur, car chaque lecture fait mouche. Je suis embarquée, emballée, touchée par ces héros communs, ses histoires quotidiennes, ou ses sujets douloureux…

MAM m’inspire une réalité si voisine à la mienne que je ne peux qu’être proche de ses personnages. Et c’est encore une fois le cas avec Émilien  Jeune adolescent de 15 ans, qui rêve d’un magnétoscope. Seul obstacle à son achat : le manque d’argent. Rien d’impossible, Émilien n’a qu’une  chose à faire… Du baby-sitting.

J’avais un peu près le même âge que lui lorsque je me suis occupée de la garde de quelques enfants. Et tout en lisant cette histoire, je me suis souvenue de ma propre expérience, l’angoisse des premiers pleurs d’un bébé, la panique du refus perpétuel, du NON si attrayant pour un enfant.
La responsabilité si imposante, alors qu’on sort tout juste de l’enfance. Mais aussi les bons côtés, l’argent, si important, la satisfaction de pouvoir s’occuper d’un enfant, le plaisir de le voir s’endormir, la confiance que l’on reçoit des parents, la part d’adulte qui se révèle en nous…
Émilien ressent tout ça, et même plus. Mais alors qu’il pensait juste à un passe-temps lucratif, Le jeune homme devient curieux et se construit une réputation de bon baby-sitter. Émilien ne fait pas que du gardiennage, il cherche des réponses face aux différents comportements de ses jeunes clients, il peaufine des théories d’éducation, se voit bien pédiatre un jour, et construit des relations privilégiées aux seins des familles.

Baby-sitter blues, n’est pas qu’une histoire de garde d’enfants, Émilien n’est pas qu’un ado qui a pour objectif de s’offrir un magnétoscope. Non. L’un des sujets principal, relaté dans ce livre, est l’absence d’un père dans la vie d’un enfant. Par l’intermédiaire d’un personnage inventé de toute pièce, Émilien déverse sa peine, retrace son parcours sans ce père, nous touche et nous bouleverse. J’ai versé ma petite larme, comme toujours quand je lis du Murail.

Il y a une suite, je la lirais avec plaisir. 

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