lundi 18 mars 2013

La Zygène de la filipendule


De Ricardo Salvador :

Quatrième de couverture :

Dans l’enceinte d’un zoo en faillite voué à une reconversion en centre de loisirs, un des repreneurs chargés de fermer le site est retrouvé assassiné. Un commissaire – qui souffre d’une homonymie fâcheuse avec un célèbre policier belge – mène l'enquête, aidé en cela par un médecin légiste déjanté et un inspecteur aussi dévoué qu'inefficace. L'autopsie aboutit à un premier constat improbable : c’est un éléphant qui aurait fait le coup ! Ou un ours… ou peut-être bien les deux ? Mais ce n'est qu'un début, un second cadavre fait bientôt son apparition, puis un troisième... Dans cette jungle urbaine, tout le monde se retrouve dans le collimateur du commissaire : Nestor, le soigneur du zoo, son frère Pollux, bohème notoire et joueur endetté, le directeur du zoo idéaliste alcoolo, l'ambitieux sous-directeur, les membres du conseil d’administration, Joséphine la femme de service, sorcière à ses heures, et Ginette, la caissière, qui se prépare à une nouvelle invasion teutonne... Immergé dans un univers où les plus dangereux prédateurs ne sont pas forcément ceux que l'on croit, le policier patauge et l'enquête piétine. Ajoutez à cela des vautours rigolards, un orang-outan amateur d’équations différentielles, un lama psychopathe, un tigre végétarien, un couple de dendrobates, sans oublier la fameuse "zygène", et vous obtiendrez un roman dé-zoo-pilant...

Parlons de l’auteur :

« j’ai toujours écrit, un peu comme tout le monde, des poèmes entre 14 et 17 ans à l’attention de dulcinées imperméables à mes (tristes) états d’âmes, puis des historiettes, des nouvelles, des petits trucs de rien (Quelques-unes ont même été publiées dans fluide glacial dans les années 80). Mais toujours plutôt loufoques, mêmes mes rédac’ en quatrième étaient loufoques. Puis un jour, il y 15 ans, une grande amie à qui j’écrivais des cartes postales (loufoques aussi, je les choisissais le plus laides possible) m’a dit « tu devrais écrire », et l’année d’après je lui offrais un ‘roman’ pour son anniversaire. » Tiré de son interview : l’intégralité de celle-ci est ici 

Mon avis :

C’est le seul de sa catégorie, en compétition dans le concours des auteurs peu médiatisé 2013, et c’est l’un de ceux qui m’avait le plus interpellé alors. Je remercie l’auteur, Ricardo Salvador, ainsi que les organisatrices du concours, Petitbelge66 et Yukarie, de m’accorder la faveur de rendre une critique juste et développer de mon ressenti.

Malgré mon manque d’envie de lire ce roman, parce que le genre suspens ne me plait pas trop, j’avais tout de même une petite considération pour celui-ci. Le résumé me plaisait bien, et je voulais me laissé surprendre, pour une fois…

Parlons couverture :

Très simple, j’aime ce côté minimaliste. Le titre est accrocheur, et il nous faut bien avaler une bonne partie du livre pour en comprendre tout son sens. Je ne suis pas assez amatrice pour faire le rapprochement entre un nom et une espèce de papillon…
Il faut également noté que le roman est un pavé qui pourrait freiner notre envie.

Parlons contenu :

Heureusement pour l’auteur, l’histoire est intéressante et j’ai rapidement avalé les 500 pages.

Alors que le site du Zoo est promis à un avenir bien sombre, le destin joue bien des tours, et la protection des animaux se révèle fort étonnante.
Comment expliquer que chaque personnage malveillant de l’histoire, se retrouve mort après avoir menacé la fermeture du Zoo et l’extermination de ses habitants ? Quels est l’âme vengeresse qui pour le bien-être des bêtes, devient un psychopathe meurtrier ? Et pourquoi utiliser un éléphant, un python et des porcs-épics comme armes à des fins criminels ?

C’est ce que doit comprendre le Commissaire Maigret, au patronyme bien trop célèbre pour sa santé mentale.

L’un des points très appréciables de cette histoire, est l’association presque évidente qui lie les humains, aux bêtes. Albert-Albert, un Orang-outan,   est l’un des personnages principaux de l’histoire. Toujours présent, il apporte une note touchante à l’ensemble. Ses émotions, ses réactions, nous servent de défouloir, face à des meurtres difficiles qui m’ont laissé, parfois, légèrement écœuré (je pense surtout au vétérinaire et j’imagine sa souffrance…).
A ses côtés, le duo Pollux et Nestor, des jumeaux inséparables, renforce cette fraicheur, qui allège le récit de façon amusante.

Pollux est un jeune rêveur, insouciant et inconscient. Son vocabulaire est souvent ordurier, et ses manières, celle d’un enfant trop gâté. Son passe-temps préféré : Asticoté les animaux du zoo pour faire enrager son frère, Nestor, qui en a la charge. Son compagnon de tous instants, n’est autre qu’Albert-Albert, qui ne cesse de le suivre partout comme son ombre.

Nestor, qu’en a lui, est plus censé dans ses propos, passionné par son métier, il en est facilement agaçant. Son savoir sur les bêtes est assez démonstratif, au grand désespoir du commissaire, vite saoulé par toutes ses explications.

Plusieurs fois, j’ai tenté de connaitre l’identité de l’agresseur. J’ai eu des doutes, parfois des suppositions totalement saugrenus, et c’est bien cela qu’on recherche dans un polar, non ?
Et finalement, les doutes se sont confirmés et mes suspicions saugrenues se sont révélées justes ! Qui lut crus ! Mais je n’en dirais pas plus… vous n’avez qu’à lire La Zygène de la filipendule pour en connaitre le dénouement…

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