dimanche 14 avril 2013

La couleur des sentiments


De  Kathryn Stockett :

Quatrième de couverture :

Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s'occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L'insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s'enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s'exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu'on n'a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l'ont congédiée.
Mais Skeeter, la fille des Phelan, n'est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s'acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l'a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même laisser un mot.
Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié; moins encore la toléreraient. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante.

Mon avis :

Je remercie, avant tout, Sabrina pour son cadeau. J’attendais de pouvoir lire ce livre avec beaucoup d’impatience, et c’est chose faite, grâce à elle.

Parlons  couverture :

Très approprié, ces deux femmes noires, représente, sans doute, Aibeline et Minny, les deux personnages centrales de l’histoire.
Je la trouve particulièrement adapté, et assez vintage, ce qui me plait encore plus.

Parlons contenu :

Tout part d’une loi.
Les domestiques et les propriétaires ne doivent pas partager leur toilette, sous peine d’attraper des maladies provenant des noirs.
Cette proclamation est dictée par Miss Hilly, autoritaire, exigeante, raciste et antipathique. Pensant être dans son bon droit, elle va pourtant être l’étincelle des évènements de l’histoire. Un livre, écrit par une blanche pour dénoncer les conditions de travail des domestiques noirs…

C’est une histoire comme on en comptait beaucoup à cette période (les années soixante). Celle de femmes blanches et noires, celle de racisme, de dévalorisation. Celle de pardon, de conscience et d’humanité.
Alors que la bataille pour l’égalité des races prend peu à peu de l’ampleur, dans le Mississipi, l’un des berceaux de l’esclavage, ces idées novatrices dérangent. La violence envers les hommes de couleur noir est toujours aussi virulente. Les passages à tabac, les meurtres sanglants, la méchanceté, la condition des noirs, l’exclusion, l’humiliation sont toujours au-devant  de la scène, et les blancs ont tous les pouvoirs.

Dans son roman, Kathryn Stockett choisis de prendre les traits de trois femmes. Aibileen, la plus âgée, est bonne au service de familles blanches depuis son adolescence. Discrète et amoureuse de son travail, surtout auprès des enfants de sa patronne, Aibileen est une personne cultivée, riche de connaissance, avide de lecture en tout genre et frustrée de devoir se laisser insulter sans pouvoir bouger le petit doigt.
J’ai beaucoup aimé l’affection que voue Aibileen à Mae Mobley, la fille de Miss Leefolt (sa patronne). Le besoin d’affection qu’elle éprouve suite à la mort de son fils, et transmise à cette petite  fille, qui le lui rend bien. Ce qui m’a touché, c’est cette envie de partage, ce besoin d’expliquer la différence de peau et la symbiose des corps et de l’âme. Par des contes, Aibileen arrive à faire comprendre à Mae Mobley qu’elles se ressemblent, qu’elles sont identiques outres la couleur de leur peau. L’amour n’a pas de frontière.

Minny, plus jeune et volcanique, ne supporte pas les brimades. Son caractère bien trempé, et sa langue un peu trop pendante, lui valent une réputation difficile auprès de ses différentes patronnes. Heureusement pour elle, sa façon de préparer les repas l’a sauve du renvoie, surtout sa tarte, envié par tous. Pourtant, il suffit d’un  mot de trop, et d’un geste, pour que sa condition de bonne change…

Enfin, Miss Skeeter, femme blanche, active et indépendante. La jeune femme vit chez ses parents, à l’âge ou d’autre ont déjà des enfants. Libre, insouciante, et rêveuse, Skeeter va défier ses plus proches amies, pour une cause qu’elle prend, dans un premier temps, à la légère. Son personnage évolue, grandit et prend conscience de la discrimination tout au long du roman. Je l’ai beaucoup aimé.

Ces trois points de vue apportent une dynamique et une vision plus poussée de l’histoire.  Les conséquences, les angoisses, les vies de ces trois femmes, nous touche, nous bouleverse.
J’ai, peu à peu, eu l’envie de les connaitre d’avantages, j’ai aimé cette façon de nous immiscer dans leur intimité. Même Minny sous ses airs de « on ne me l’a fait pas, rien ne me touche », m’a beaucoup émue. J’ai d’ailleurs énormément aimé l’échange qu’elle avait avec sa dernière patronne, Miss Célia. C’est une femme courageuse, comme toutes celles qui ont témoigné dans ce livre.

Car le roman cité dans La Couleur des sentiments, existe belle et bien ! Des femmes qui avaient tout à perdre à cette époque, ont apporté leurs témoignages, avec bravoure et volonté. Alors que les menaces planaient sur leurs têtes, qu’elles pouvaient perdre leur emploi (ou pire). Ces femmes ont levé la tête, et se sont battus pour défendre leurs idéales.

Pour finir :

C’est un véritable coup de cœur !
J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman. Un bon petit pavé qui se dévore. Je me suis surprise à vouloir le continuer jusqu’à la dernière page, et je ne me suis pas, une seule fois, ennuyée.
Les personnages sont attachants, poignants, et mordant. Les émotions m’ont débordés, j’ai versé quelques larmes, j’ai pesté, j’ai ri.
C’est un roman d’émotion pure, envoutant, et pourtant simple. Une histoire d’amitié, à la saveur parfois amère. C’est un roman sur l’Histoire qu’il ne faut pas oublié.

Il y a eu une adaptation cinématographique que je n’ai pas encore vue, en voici la bande annonce :


LC organisé par : Kalea  
Participantes : 

16 commentaires:

  1. Je l'ai dans ma PAL depuis peu et j'ai hâte de le lire. On ne peut pas dire que je sois passionnée par les Etats-Unis et leur Histoire mais ce roman me tente vraiment depuis que j'ai lu Ne Tirez pas sur l'Oiseau Moqueur, d'Harper Lee, qui traite un peu du même sujet, finalement... :)

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    1. oui c'est vrai, et puis, c'est plus une histoire de communauté, et de discrimination.
      c'est un livre vraiment beau :D

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  2. Belle chronique, encore une fois... J'aime beaucoup ces romans qui savent amener un sujet difficile avec les mots qu'il faut.

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    1. merci :)
      oui moi aussi j'aime la façon dont est traité le sujet.

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  3. J'ai aussi beaucoup aimé la couverture =)
    Perso, c'est la fin qui m'a fait verser quelques larmes ...
    J'ai hâte de voir le film, je l'ai en DVD, mais j'attendais de lire le livre avant de le voir.

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    1. je pense que je me le procurerai rapidement, mais j'attends un peu que l'histoire s'estompe pour éviter d'être déçue ;)

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  4. Je me retrouve totalement dans ton billet...

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  5. Merci pour ta participation à la LC.
    Même conclusion que toi :-)

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  6. Miss Hilly raciste et antipathique : on est bien d'accord...
    Une excellente lecture !

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  7. Je l'ai terminé hier, et j'ai adoré ! Ta chronique est très complète et reprend bien ce que l'on ressent à cette lecture. Je vais me regarder le film sans tarder je pense ^^

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