dimanche 5 mai 2013

Le chapeau de Mitterand

D'Antoine Laurain :

Quatrième de couverture :

Un soir à Paris, Daniel Mercier, comptable, dîne en solitaire quand un illustre convive s'installe à la table voisine : François Mitterrand. Son repas achevé, le Président oublie son chapeau, que notre Français moyen décide de garder en souvenir. Son existence en sera bouleversée. Tel un talisman, ce célèbre feutre noir transforme le destin du petit employé. Daniel aurait-il percé le mystère du pouvoir suprême ?

Hélas, il perd à son tour le précieux objet, qui remplit sur d'autres têtes sa mission atypique : réaliser nos désirs les plus secrets. Une fable pleine d'esprit et de malice.

Mon avis :

C’est ma mère qui, pour une fois, m’a conseillé ce roman. Il faut le reconnaitre, je suis plus celle qui lui propose des livres, que le contraire.
Mais vu l’engouement qu’elle y mettait au moment de sa lecture, je n’ai eu qu’une seule envie, lui piquer sont livre ! J’ai finalement acheté le mien, et voici ce que j’en ai pensé.

Parlons couverture :

L’histoire se situe dans les années 80, une époque charnière en matière d’art, et de dessin étrange, les petits personnages au corps ressemblant à des emprunts sont tout à fait représentatifs de cette époque excentrique.

Parlons contenu :

Ce roman est d’une simplicité efficace. Alors qu’il déguste un plateau de fruit de mer, dans un petit restaurant chic, Daniel ne peut dévier le regard de son voisin. François Mitterrand est juste là, à quelques centimètres de lui, et s’il tendait le bras, il pourrait le toucher.
En partant, le président de la République oublie son chapeau et Daniel, au lieu de le remettre à la réception, l’embarque avec lui.

Alors que sa vie n’est pas exceptionnelle, son destin va changer grâce à l’assurance provoqué par le feutre noire qui ne le quitte plus. Sa timidité s’est envolé, son assurance impressionne, et Daniel va voir sa carrière professionnelle et sa vie, chamboulée de la plus belle des façons.
C’est l’histoire de cette première personne, mais le chapeau de Mitterrand va croiser celle de bien d’autres encore…
Quel destin va leur être réservé ?  

On a tous en tête, enfin presque, l’image de notre président des années 80, habillé d’un lourd manteau noir et coiffé d’un feutre assortie. Ce chapeau était la marque de fabrique de feu, notre président, et j’ai toujours apprécié la classe de cet outils.
L’idée d’imaginer une histoire entourant le dit couvre-chef est très originale, et l’auteur, Antoine Laurain, construit un récit contemporain, sympathique et rafraichissant comme je les aime.

Nous découvrons des hommes et femmes perdues, effacés et soumis, qui, inconsciemment recherchent une aide.
Daniel, Fanny, Pierre et Bertrand, n’ont pas conscience de s’égarer sur des chemins difficiles. Amoureuse d’un homme marié ; Nez en manque d’inspiration, Enlisé dans un parti républicain qui n’est pas véritablement le siens, tel est leurs quotidiens.
Il leur faudra croiser le chemin de ce chapeau, pour réaliser que le chemin qu’ils ont tous pris mène à une impasse.
Dès lors, ils ne seront plus jamais les mêmes.

J’ai particulièrement apprécié le personnage de Pierre Aslan. Créateur de parfum en déclin, qui se laisse peu à peu aller à une dégradation de son estime. Marié et père, l’homme n’est plus que l’ombre de lui-même. C’est en faisant sa promenade quotidienne qu’il tombe sur le chapeau, posé sur un banc. Grâce à celui-ci, son sens olfactif va s’éveiller comme au premier jour, et l’homme va se reconstruire et de nouveau trouver l’inspiration…

Ce chapeau n’est pas magique, il influx sur la psychologie des gens qui le portent. En étant plus sûr, en ressentant une certaine prestance. Ce n’est pas l’objet qui fait la personne mais il construit un mythe autour de son œuvre.

Pour conclure,
J’ai aimé l’originalité de ce texte. Ma lecture fut rapide et sans essoufflement. J’ai eu tout naturellement l’envie de saisir ce feutre, pour le mettre sur ma tête. Quel serait alors mon destin ? Le tournant de ma vie ? Quelle belle surprise m’arriverait-il ?

Ce roman mérite d’être connu, et je vous invite à le lire. Vous m’en direz des nouvelles. Et peut-être alors, vous croiserais-je un jour, un feutre noir sur la tête…

4 commentaires:

  1. je l'ai lu à l'automne et il m'avait bien plu, tu me rappelle que je dois en faire la chronique

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    1. Une chronique qui date de l'automne ! bon courage pour t'en rappeler alors :D

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  2. Conquise je suis il me le faut! Le livre ...ou le chapeau ^^

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