mercredi 31 juillet 2013

Le Roi se meurt

D’Eugène Ionesco :

Quatrième de couverture :

Marguerite, se dirigeant vers le Roi : Sire, je dois vous mettre au courant.
Marie : Non, taisez-vous.
Marguerite, à Marie : Taisez-vous.
Marie, au Roi : Ce n'est pas vrai ce qu'elle dit.
Le Roi : Au courant de quoi ? Qu'est-ce qui n'est pas vrai ? Marie, pourquoi cet air désolé ? Que vous arrive-t-il ? 
Marguerite, au Roi : Sire, on doit vous annoncer que vous allez mourir.
LE MÉDECIN : Hélas, oui, Majesté.

Mon avis :

Le Roi n’a plus qu’une heure et demie à vivre, et avec lui son royaume va s’éteindre. Un état qui n’est plus, seul cinq de ses sujets non pas encore disparut, et parce qu’il se mure dans son entêtement à vouloir rester en vie, son royaume s’effrite, et perd de sa beauté. Il diminue, s’affaisse et disparait tout comme l’homme qui y règne.

Chacun à leur tour, les deux épouses, le médecin, la femme de chambre et le garde, vont s’engager à le faire réagir. Lui montrer le chemin. Celle de sa fin. Mais quand pour la plupart, l’acceptation de leurs prochaines disparitions ne fait plus aucun doute, pour Marie, la seconde épouse, le déni est encore belle et bien présent. Son insouciance et son influence auprès du roi rendent celui-ci emplit de doute.  Confrontant les dires des autres protagonistes, en les tournants au ridicule… Un peu comme l’avocat du Diable.

J’ai eu le sentiment que la première épouse, Marguerite était l’annonciatrice de la mort elle-même. Sa voix posée ne laisse place à aucun doute. L’acceptation de sa future disparition n’est plus un obstacle pour elle. Elle est le pilier de cette chute, son soutient face à sa destinée. L’ange de la mort…

Il est difficile de donner mon avis sur cette pièce, vu la rapidité de ma lecture, et le peu de contenant. Ce n’est pourtant pas une critique négative, bien au contraire.
Le Roi se meurt,  est assez explicite dans la trame principale. Pas de surprise, ce n’est qu’une longue agonie, décrite par six voix différentes, d’un homme qui ne veut pas mourir.

Dit comme cela, on pourrait penser qu’il s’agit d’un texte bien sombre et insipide. Il est vrai que ce n’est pas un thème très agréable, mais l’auteur joue avec les émotions du Roi, en décortiquant peu à peu les différents degrés d’acceptation de sa future mort.

A travers son refus d’en terminer avec la vie, j’y ai redécouvert mes cours de psychologie sur les phases du deuil (ou de l’acceptation de la mort). Le Déni, la Colère, le Marchandage, la Dépression et enfin l’Acceptation.
De manière détournée, Ionesco nous pousse vers ces différentes étapes, en suivant ce Roi à la dérive…

J’ai passé un très agréable moment, c’est une pièce que j’aimerai pouvoir découvrir par le billet du jeu d’acteur…

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