lundi 28 octobre 2013

L'assassin à la pomme verte

De Christophe Carlier

Quatrième de couverture :

« J’éprouvais pour Elena une tendre reconnaissance. J’avais toujours voulu tuer quelqu’un. Pour y parvenir, il me manquait simplement de l’avoir rencontrée » songe Craig, fraîchement débarqué des États-Unis comme Elena d’Italie. Tous deux se trouvent pour une semaine au Paradise : un palace, vrai monde en soi, où l’on croise parfois au bar d’étranges clients. Par exemple cet homme de Parme, mari volage et volubile, découvert assassiné au lendemain de leur arrivée. Entre Craig et Elena naît un sentiment obsédant, fait d’agacement et d’attirance, sous l’œil impitoyable du réceptionniste, auquel rien n’échappe. Ou presque.

Dans cette envoûtante et spirituelle fiction à plusieurs voix, chacun prenant à son tour la parole, chacun observant l’autre, épiant son voisin, amour et meurtre tendent à se confondre. En émule d’Agatha Christie et de Marivaux, Christophe Carlier prouve avec maestria que l’accidentel, dans le shaker du grand hôtel, a partie liée avec l’imaginaire. Et qu’un assassin peut être aussi discret que l’homme à chapeau melon de Magritte, au visage dissimulé à jamais derrière une pomme verte.

Mon avis :

Mon goût pour les déambulations entre les rayons de livre, n’est pas nouveau, et j’aime, de temps en temps, me laisser surprendre, en prenant un roman, au hasard, en suivant une intuition. Une synopsis, une couverture, le nom de l’auteur, qu’importe mon choix, et la manière dont cela m’arrive. J’aime découvrir, par moi-même, sans entendre la critique de tels ou tels lecteurs, sans connaitre la notation, ou les avis des médias. Il n’y a que moi, et ce livre, celui que je saisi, qui m’interpelle, qui me surprend, et qui me supplie de le connaitre.

C’est qui tout au double, un coup de cœur, ou une profonde déception, les émotions sont aléatoires, et diverge selon mon humeur. Mais la plus part du temps, je tombe sur des perles rares, surprenantes, émouvantes et envoûtantes.

Vous vous demandez sans doute, où je veux en venir ? Et bien tout simplement à mon choix. Ce jour où, cherchant mon livre trimestriel pour France L…, je suis tombée sur CE roman.
Un tout premier, pour un auteur inconnu, sur une histoire dont je n’avais jamais entendu parler.   

L’un des premiers points qui soulève mon engouement : Un roman à trois voix.

J’ai toujours apprécié, peut un porte le nombre de narrateur, d’avoir l’avis de plusieurs protagonistes. L’histoire n’en a que plus d’importance. La vision d’un événement ou d’une émotion, vu d’un angle différent, les expressions, les interrogations, les comportements, l’approfondissement d’une situation, tout me semble plus fournis, plus captivant, lorsque plusieurs personnes entre en scène.
Graig, Elena et le réceptionniste, sont les personnages récurrents de cette histoire. Chacun, juge, échange et spécule sur le meurtre survenu dans l’hôtel la nuit dernière. Entre eux, il n’y a pas de lien, et pourtant, tous ont parlé avec la victime la veille même de son meurtre. Nous faisons face, alors, à des destins qui se croisent, se trouvent et se complètent.

Malgré une sensation d’aboutissement, de complaisance, et d’excitation face à cette lecture, j’ai tout de même une petite critique à apporter à ce roman. Je n’aimerais pas, que vous soyez réfrigérés par ce que je vais dire, mais j’estime important de vous donner mon ressenti complet même s’il faut en passer par là.
Alors que le texte, dans son intégralité, ma littéralement enflammée, je n’ai pas forcément été emballée par le meurtre en lui-même. J’irais même jusqu’à dire, que le point fort de ce roman, n’est pas cet assassinat, non, mais plus les relations entre ces différents personnages. J’irais plus loin encore… Je ne trouve pas utile d’exploiter cet homicide, tant l’atmosphère qu’il dégage suffit à en faire un très bon livre.


Toutefois, cette ouvrage mérite d’être connu, l’auteur prometteur, m’a définitivement acquise à sa cause. La poésie de son texte, les choix de narration, l’ambiance et l’harmonie sont incontournables, et j’ai hâte de pouvoir lire, à nouveau, un prochain roman.

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