jeudi 5 décembre 2013

Le requiem du Lieunoir


De Fabrice Colin :

Quatrième de couverture :

— Je vous écoute madame, l’invité-je.
— C’est-à-dire que ce n’est pas facile à dire…
— Ne vous inquiétez pas, madame, des affaires d’adultère, on en gère plusieurs par mois, alors, soyez à l’aise.
— Vous n’y êtes pas du tout, me coupa-t-elle, l’air offusqué. En fait, si je viens vous voir aujourd’hui, c’est pour une affaire bien plus importante.
— C’est-à-dire ?
— Voilà… Je voudrais que vous retrouviez ma fille. Elle a disparu depuis trois jours.

Le détective à l’humour décalé se lance à la recherche de la demoiselle disparue, malgré des déconvenues et les gueules de bois.

Parlons de l’auteur :

Éclairagiste et régisseur lumière depuis plus de dix ans, Fabrice Colin commence par s’intéresser à l’écriture de scénarios. L’idée germe de créer un personnage de fiction pour une série policière : Le détective Lieunoir est né. Sa capacité à retranscrire les ambiances et les sentiments par le biais des projecteurs et la couleur influence sa façon d’écrire.

Entre parenthèse :

Je remercie l’auteur, Fabrice Colin, ainsi que Les éditions Baudelaire, pour leurs confiances. Merci également, aux organisatrices de l’opération coups de cœur 2014, pour tout le travail apporté dans la distribution des ouvrages mises à notre disposions, ainsi que leur temps et leurs gentillesses à notre égard.

Mon avis :

J’attendais avec impatience mon entrée en tant que membre du jury, pour cette nouvelle édition du coup de cœur 2014. Je le début avec ce premier roman, classé dans la catégorie Suspens.
Le requiem de Lieunoir est le premier roman de Fabrice Colin. Une enquête portée sur la disparition d’une jeune fille, suite à une soirée d’anniversaire.

Parlons couverture :

Pour le coup, c’est une réussite. Après lecture, je trouve cette couverture très adaptée à l’ensemble du roman. Sombre et classique à la fois, elle intrigue et est esthétiquement très agréable à contempler. Elle nous donne envie, de lire la synopsis. Un bon point donc…

Parlons contenu :

Ma lecture fut mitigée.

Je parlerais, tout d’abord, de l’enquête en elle-même. Elle tient la route, c’est un fait. J’ai trouvé intéressant de pouvoir naviguer entre le narrateur (le détective), et la victime. Les courts chapitres dévoilant l’état précaire de Cathy, nous rappelle le temps qui s’écoule et la gravité de sa situation. Enfermée dans un endroit sombre et humide, la jeune fille souffre, ignorante de son avenir, incertaine de revoir la lumière du jour. Comme elle, nous sommes face à une incompréhension, que s’est-il passé ? Pourquoi est-elle dans cet état ? Qui a bien pu faire cela ?
C’est ce que va essayer de comprendre le détective Lieunoir.

L’idée de suivre cet homme, dans son enquête, et également très astucieuse, j’ai cherché moi-même, l’auteur de cet enlèvement, le pourquoi de cet acte, et les différents indics qu’il –ou elle- aurait pu laisser derrière lui.

Cela aurait pu être accrocheur. Mais même si j’ai eu une certaine facilité de lecture, reconnaissant que la plume de l’auteur est assez agréable, j’ai toutefois été légèrement obnubilée par les sobriquets (un peu trop agaçants), qu’il donne aux personnages  qui l’entourent. « Mon lapin » ; « mon drôlet » ; « belle enfant » ; « Ma belle »… Tout cela est un peu trop familier et irritant.
Le cliché du détective buveur, est tout aussi déplaisant, un p’tit coup par-ci, un p’tit coup par-là… On fait que le personnage principal ne m’a pas forcément intéressé (ce qui est bien regrettable). En visualisant l’œuvre dans son ensemble, je dirais que sa capacité à boire de l’alcool tient bien dans le quart du livre…  C’est un peu trop à mon goût…
Autre petit point négatif de ce roman, et surtout de cet homme, j’ai eu plusieurs fois, la sensation, que l’enquête n’avançait pas, pas parce qu’il manquait d’information, mais plus par un « je m’en foutisme ». Le détective Lieunoir, passe un peu trop de temps à dragrouiller, ou à remettre à plus tard ses interrogations, alors que l’auteur insiste bien sur la similitude de son histoire personnelle et dramatique avec la disparut.

Je m’explique.

L’idée est intéressante, Fabrice Colin, apporte une note qui aurait pu être touchante, en révélant, le passé destructeur et malheureux de son héros. L’homme à tout perdu. Sa fille a disparu de façon tragique, impuissant, son couple se sépare, détruit par cette tragédie. Ce nouvel élèvement, aurait donc dû, être prioritaire à tout autre chose. Son obsession pour la retrouver, se transformant en une seconde chance pour amoindrir sa propre peine. Une sorte de cheval de bataille, une quête pour se racheter de n’avoir pas pu sauver sa propre fille… Mais à part quelques moments d’abandon, je n’ai pas ressenti ce combat, cet acharnement à la retrouver.
La psychologie même du personnage aurait pu être si intéressante à décortiquer… Je pense que l’on passe à côté.

Une intrigue en demi-mesure donc…

2 commentaires:

  1. Je suis certaine qu'avec une telle 4o de couverture, je risque de sourire à quelques reprises si je découvre ce roman... Bref, la couverture est plutôt belle ... Elle dégage un je ne sais quoi de spécial !!!

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    1. C'est vrai, la couverture est vraiment réussite :D

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