dimanche 19 juin 2016

Au Bonheur des Dames

Au Bonheur des Dames
Auteur : Emile Zola
Edition : Le Livre de poche
Genre : Classique
Prix :  4.55 Euros
513 pages
Synopsis :
Octave Mouret affole les femmes de désir. Son grand magasin parisien, Au Bonheur des Dames, est un paradis pour les sens. Les tissus s'amoncellent, éblouissants, délicats, de faille ou de soie. Tout ce qu'une femme peut acheter en 1883, Octave Mouret le vend, avec des techniques révolutionnaires. Le succès est immense. Mais ce bazar est une catastrophe pour le quartier, les petits commerces meurent, les spéculations immobilières se multiplient. Et le personnel connaît une vie d'enfer. Denise échoue de Valognes dans cette fournaise, démunie mais tenace. Zola fait de la jeune fille et de son puissant patron amoureux d'elle le symbole du modernisme et des crises qu'il suscite. Zola plonge le lecteur dans un bain de foule érotique. Personne ne pourra plus entrer dans un grand magasin sans ressentir ce que Zola raconte avec génie : les fourmillements de la vie.

Mon avis : 

Après avoir lu Pot-Bouille, je retrouve avec plaisir l'univers de cet auteur. Et forcement, je ne peux que succomber un peu plus face à la richesse de ce récit.

Octave Mouret à fait son chemin dans l'industrie du textile. De petit vendeur le voici désormais directeur d'un magasin sur le point de voir exploser son chiffre d'affaire par l'intelligence de  celui-ci.
L'incroyable diversité des tissus, les prix défiants toute concurrence et l'attrait que porte la haute bourgeoisie à cette enseigne place le Bonheur des Dames au sommet de sa notoriété. 
Mais Mr Mouret n'en a pas terminé avec son ascension, et les idées de grandeurs germent sans cesse dans sa tête. Son imagination n'a pas de limite et nous découvrons peu à peu l'ampleur de sa démesure. 

Embarqués dans cette folie dépensière, le quartier ne peut suivre le rythme. Impuissant face au monstre qui les engloutit. Un par un, les petits commerçants déposent le bilan, contraints et forcés par cette révolution de l'industrie. 

Zola exploite deux univers diamétralement opposés, où l'argent tiens le premier rôle. Tantôt salvatrice, et bienfaitrice, tantôt destructrice... 

En la personne de Mouret, et de son grand magasin. Les billets se multiplient à ne plus savoir qu'en faire, la réussite, est affichée sans délicatesse, avec arrogance et abondance. Elle donne le tournis, fourmille et brûle la rétine de ses dépensiers aveuglés par tant de choix. Tel un grand étalage, les troupeaux d'acheteurs se déplacent, avides, d'étales en étales, pris de frénésies compulsives... 

A l'inverse, la faillite des petits magasins, est dépeinte de manière crue et tragique. Sans argent l'homme est face à ses pires craintes, et l'auteur nous démontre logiquement le combat désespéré de ces patrons sans le sous. Incapable de concurrencer ce géant des temps moderne. 
La pauvreté nous est livrée dans toute sa noirceur. Agonisante, étouffante et suicidaire. Incapable de valoriser ses marchandises, le gouffre financier se creuse. 

Grace au personnage de Denise, Zola nous amène à observer ces deux atmosphères, sous différents angles. La jeune femme est convaincu que le Bonheur des Dames est l'avenir. Dans le besoin, et vendeuse de métier, la voilà embauchée par le directeur en personne. En charge de ses deux jeunes frères, Denise ne peut refuser, bien qu'elle craigne le mécontentement de son oncle, en concurrence directe avec le magasin.  
Dès lors, la petite vendeuse se voit contrainte de naviguer entre deux eaux. Son travail, pas si évident, et sa famille de plus en plus endettée. 

J'ai vraiment apprécié cette lecture. Les descriptions de l'évolution florissante du Bonheur des Dames nous dévoilent un passé riche et passionnant où la modernité prenait son envole de manière exponentielle.
L'auteur à le don de nous transporter dans cette époque révolue, et de nous impliquer totalement grâce à ses mots. J'aime sa façon d'exploiter chaque petits détails qui nous rendent sont récit vivant et visionnaire. 
Et que dire des classes sociales décrites dans cette histoire (et dans la plus part de ses autres livres également). J'avais déjà été impressionné, dans pot-bouille, par l'importance des détails des us et coutumes des différents rangs sociaux. Ce savoir perdu, retranscrit dans ses textes, m'ont captivés.  


Ma note : 17/20

2 commentaires:

  1. Un très beau roman ! J'ai lu Au Bonheur des Dames il y'a plusieurs années mais il m'a laissé un très bon souvenir. Un classique parfait.

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    1. C'est tout à fait ça. Il reste dans les mémoires. J'ai adoré le lire

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